Histoire de la CIURL (1982-1985)

C’est début 1982 que la CIURL fera un bilan des dix dernières années d’application du plan directeur [1]. Il en ressort quant à l’occupation du sol, que les « arrêtés fédéraux urgents » (AFU) et la nouvelle loi cantonale sur l’aménagement du territoire ont donné beaucoup de force au plan directeur régional, qui s’est vu appliqué plus ou moins à la lettre. Du point de vue des sites, de nombreuses modifications ont pu être apportées, et des refus de construire certains bâtiments ont permis d’empêcher une construction sauvage et désorganisée.

Le bilan des transports est plus mitigé, bien que le tronçon Vennes-Vevey de l’autoroute de contournement ait été réalisé, la structure du réseau a très peu changé. Mis à part la mise en place de couloirs en site propre spécifiques sur les routes, les transports publics n’ont pas été améliorés comme prévu dans le plan directeur. Par contre, le renforcement des zones secondaires a été important dans le domaine des équipements publics (écoles secondaires, équipement sportifs, etc.), et ceci au profit des communes de l’agglomération (Renens, Prilly, Pully, etc.) Excepté à Renens, où fut construit un centre commercial. Grâce à l’ouverture de l’autoroute de contournement, le centre n’a pas vu une augmentation des transports automobiles (3,5% d’augmentation depuis 1968). Par contre, le problème s’est décalé en périphérie en raison de l’exode urbain. Ce point sera mis à l’ordre du jour de la prochaine législature…

Article de la Feuille d’Avis de Lausanne du 29 avril 1982

C’est avec l’élection de M. Gilbert Vaney, en 1982, à la tête de la CIURL (il est donc reconduit) et de M. Paul-René Martin à la présidence du Conseil exécutif que s’entame cette nouvelle législature. Ce sont cependant des préoccupations plus internes qui vont être à l’ordre du jour. Dès la séance du 28 avril 1982, les communes du secteur LEB font part de leurs remarques quant au fonctionnement de la CIURL. Elles lui reprochent ainsi une trop grande centralisation du pouvoir décisionnel dans les mains du Conseil exécutif (composé de représentants de secteurs). De plus, les commissions sont devenues comme trop « lourdes », et leur composition mal équilibrée. Bref, c’est une petite crise qui surgit au sein de la CIURL et la presse ne manquera pas d’en faire état.

 

Article du Journal de l’Ouest du 6 mai 1982

Ainsi, une « commission exceptionnelle » est nommée, qui devra étudier les fondements des problèmes et avancer un projet de mesures pour y remédier. Les grands axes des propositions du secteur LEB vont dans le sens d’un renforcement des secteurs, par la création d’une délégation de deux membres pour chaque secteur, indépendamment du Conseil exécutif, chargée de négocier avec ce dernier.

Nouvelle structures de la CIURL (novembre 1983)

Le fonctionnement et le rôle des commissions sera revu en proposant qu’à chaque législature de nouvelles commissions ad hoc soient nommées, en fonction des projets et des objectifs fixés. La proposition est acceptée, et la « commission exceptionnelle » se met au travail. C’est en novembre 1983 que le nouvel organigramme de la CIURL, avec un fonctionnement renouvelé, est adopté (voir ci-contre).

Nouvel organigramme de la CIURL (novembre 1983)

Parallèlement à ces remises en question internes, il faut cependant continuer à mener à bien les projets. La mise à jour du plan régional est amorcée depuis 1980, et débute maintenant une phase de discussion avec les communes pour trouver un accord sur les points litigieux du programme. On espère arriver à un résultat d’ici 1983. De plus, le plan directeur cantonal est en chantier et la CIURL y exerce une part active : en tant qu’acteur et, plus encore, en tant qu’exemple.

La campagne de comptages des transports 1979-1980-1981 étant terminée, la commission éponyme peut travailler sur plusieurs projets importants. L’un d’eux est le dialogue nécessaire autour des Hautes Ecoles, dont la desserte laisse à désirer. C’est en collaboration avec les communes concernées et les représentants des Hautes Ecoles que la CIURL va engager une discussion sur les problèmes se posant à Dorigny. En novembre 1982, la CIURL émet un document de recommandations sur le sujet. On notera particulièrement que le projet d’une liaison au moyen d’un tram est jugé le plus adéquat, nécessitant un partenariat avec les transports lausannois (TL). On reprend donc l’idée émise en 1978 de créer un ligne de tramway, mais le projet reste « pharaonique ».

La fin de la législature, une fois le renforcement du pouvoir des secteurs acté, est plus sereine et tous espèrent que la magistrature suivante permettra enfin de faire vivre la notion de région entre les communes de la CIURL.

[1]  Source: Archive « Historique organisation », Aménagement de la région lausannoise de 1972 à 1982

 

La CIURL de 1986 à 1989 (suite)

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