Histoire de la COREL (1996-2001)

Article du journal 24 Heures du 1er septembre 1995 indique l’espoir de la COREL pour un texte de loi souple et favorable aux solutions intercommunales.

L’un des premiers défis de la COREL est une réforme législative cantonale qui risque de remettre en cause son fonctionnement, voire son existence. C’est dans l’incertitude que les projets en cours doivent être menés à bien, d’autant plus qu’ils s’inscrivent dans une certaine continuité.

Document « Conditions à remplir par un projet pour qu’il puisse être qualifié d’intérêt régional

En premier lieu, il est décidé de fixer les critères déterminant qui qualifient un « projet régional » pouvant faire l’objet d’une demande de financement de la part de la COREL. En outre, la commission « toxicomanie » gagnerait à être intégrée plus étroitement à la COREL, c’est pourquoi une plateforme « Affaires sociales » est créée, dont l’un des groupes serait le « groupe toxicomanie ». La proposition est acceptée par le Bureau de coordination qui suggère aux communes de recréer la plateforme qu’elles avaient refusé en 1992. Il convient de préciser que les questions de toxicomanie deviennent de plus en plus pressantes et prioritaires aux yeux des communes. C’est en septembre 1996 que cette nouvelle plateforme sera finalement constituée.

En outre, le Bus pyjama remporte un grand succès depuis qu’il est financé par la COREL, qui a su ainsi anticiper un besoin, sans doute classé « sans suite » si elle ne l’avait pas financé. Les dessertes seront donc améliorées pour répondre à la demande d’une jeune population d’usagers.

Il est également demandé à la COREL de participer au financement d’un nouveau vélodrome, capable d’accueillir des compétitions internationales et faisant office de salle multi sport. Le projet sera hélas rejeté par un vote populaire, et ainsi enterré définitivement pour la COREL.

Au niveau de l’organisation, il est décidé, sous l’impulsion de M. Denis Décosterd, secrétaire général de la COREL, de donner des objectifs précis à court, moyen et long terme à chaque plateforme, afin de bien définir leurs tâches à venir.

En avril 1997, la commune de Montpreveyres rejoint la COREL. Plus techniquement, cette adhésion soulève un débat sur la façon dont les votes sont comptabilisés à l’assemblé générale. En effet, il est envisagé de pondérer plus équitablement, proportionnellement, la répartition des voix, étant donné que dans le système en vigueur alors, la Ville de Lausanne possède autant de voix que Villars-Tiercelin, c’est à dire « une », bien que sa population soit près de trois-cents fois supérieure. Plusieurs variantes seront proposées à l’assemblée générale.

Il est décidé en outre de créer un sous-groupe supplémentaire de la plateforme « Affaires sociales », qui s’occuperait des problèmes liés à la petite enfance (groupe « Petite enfance »), pour traiter, par exemple, tous les problèmes inhérents aux structures d’accueil.

Il est à noter également la demande de la Société Coopérative du Comptoir suisse, sise à Beaulieu Lausanne, de passer par la COREL pour financer son capital à la hauteur de CHF 20 millions. La COREL serait donc chargée de prélever la somme proportionnellement dans ses communes membres. Le Bureau de coordination estime qu’il est nécessaire que la structure régionale finance plus de la moitié du montant demandé, c’est à dire CHF 10 millions, en tenant compte des capacités financières des communes. Cette décision sera soumise à l’assemblée générale. Voir aussi dossier « Palais de Beaulieu » de la COREL.

Cependant, un autre débat plus tendu a lieu sur la question de la toxicomanie. En effet certaines communes ne comprennent pas le coût important du « groupe toxicomanie », dont la cotisation réclamée à chaque commune ne cesse d’augmenter (elle passe de CHF 1.60 à CHF 2.00 par hab. en 1997). Les débats sont politiques : que faire des toxicomanes ? Les laisser vagabonder ou proposer une aide financière concrète (i.e. via un mandat donnée à des associations spécialisées) ? Le débat est vif, et même si le la plateforme est maintenant en place depuis plusieurs années, des avis contraires se font toujours entendre. En outre, le problème est délicat : certaines communes pourraient, face à l’augmentation de leurs cotisations, refuser l’entier du budget lors de l’assemblée générale. On décide finalement de proposer aux communes une solution « entre-deux », et de débloquer un budget pour créer une brochure explicative destinée aux familles de la région pour faire état de l’étendue du problème. C’est cette solution qui sera finalement acceptée. En outre, une initiative populaire « Pour une jeunesse sans drogue » doit être prochainement votée par le peuple, et il y a risque, si elle venait à être acceptée, que les efforts de la COREL soient réduits à néant. Cette initiative fût plus tard rejetée par 70 % du peuple suisse. Voir aussi dossier toxicomanie de la COREL

En outre, sujet moins fâcheux, il est décidé de débloquer un budget de CHF 40’000.- pour la création d’un site Internet.

Entretemps, le président de la COREL, M. Jean-Pierre Carroz, donne sa démission au 1er janvier 1998, c’est dès lors M. Gustave Muheim, Syndique de Belmont-sur-Lausanne qui reprendra la charge.

La rénovation du Palais de Beaulieu se dessine comme un projet majeur dans la région lausannoise et requiert un financement important, ainsi fut décidé par l’assemblée générale (voir plus haut). La COREL serait sollicitée à hauteur d’environ CHF 10 millions, et il est nécessaire de trouver une façon de lever ces fonds dans l’intérêt de ce projet régional. Il est donc proposé une somme de CHF 100.- par habitant. Mais ce n’est pas gagné d’avance, encore faut-il convaincre les communes. La COREL, en finançant ce projet, pourrait nommer un délégué au Conseil d’administration de la Fondation Beaulieu (selon le principe d’un délégué par tranche de CHF 10 millions). LA BCV est contactée pour savoir à quel taux il est possible d’emprunter. A fin 1999, il ne fait presque plus aucun doute que les CHF 10 millions seront récoltés ! Bel exemple de coordination régionale et de dialogue entre communes ! La Fondation Beaulieu pourra donc être créée au 31 janvier 2000, et la COREL pourra y prendre part de manière active.

Création du site Internet de la COREL, article paru dans le journal 24 Heures, le 25 avril 1997

Quant au site Internet, un problème amusant se pose : le nom de domaine « corel.ch » est disputé par une entreprise appelée COREL DRAW ! Il s’agit donc de trouver une solution afin d’avoir un nom en rapport et facilement accessible… On charge M. Denis Décosterd de réaliser le site Internet. En octobre 1998, le différend est réglé et le site sera mis en ligne à fin de cette même année.

Interview publié en janvier 1998 de M. Gustave Muheim, président de la COREL

Il apparaît donc qu’à la fin des années nonante, la COREL soit parvenue à lancer une dynamique régionale forte, en menant à bien des projets d’avant-garde (toxicomanie, bus-pyjama, petite enfance, etc.) et d’envergure (Fondation Beaulieu, régionalisation des stands de tirs, promotion économique, campagnes de comptages tous les 5 ans, etc.).

Il est bien loin le temps de la CIURL où les débats se prolongeaient indéfiniment et les projets, eux, n’avançait que très lentement. Il faut du temps pour imposer l’idée d’une région, mais face aux réalités, les communes se sont finalement rendues compte que leur intérêt était dans la collaboration et dans la répartition logique des ressources, afin de permettre un espace urbain et social cohérent.

Lors de son assemblée générale ordinaire du 21 mars 2002, la COREL change de nom pour devenir Lausanne Région. Cette nouvelle appellation est principalement due à une volonté des communes d’inscrire les actions de la COREL dans un territoire dont le nom définit un périmètre géographique.

L’historique de Lausanne Région de 2002 à aujourd’hui est détaillé dans les rapports annuels d’activités.

 

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